25,000 litres de merde
25,000 litres de merde

25,000 litres de merde

J’enquille 3 bouteilles de vin

et deviens ce monstre dingue

que le monde rejette

et je suis seul

et inconnu de tous

et je sors

dans un état de haine et de folie complet

et le monde m’est insignifiant

et les immeubles font tous la gueule

et rien n’a d’importance

tant tout semble innaturel, invivable

comme des langues amères me léchant le cerveau

ravagé et imbibé de perversité et de larmes

je fuis la ville

marche quelques heures

le long du Rhône

le vent froid de la nuit brisant tout espoir

dans une solitude totale

sans vérité sans femme sans courage

sans boulot

sans éclat

et la pluie fond sur moi comme une mer cancéreuse

comme le sourire mesquin d’un meurtre

comme une épouse pernicieuse

comme un châtiment

et je résiste comme je peux

et les arbres sont tous cadavériques

et sinistres

et la nuit n’a aucun scrupule

et j’hésite à peut être

arrêter là

balancer ma fatigue et ma déchéance à la flotte

arrêter la partie

je pense à des bataillons armés fonçant sur des civils

à un Dieu assassin méprisant le monde

à ma joie morte

à la pourriture qui règne au fond des océans

et je ne sais comment

je sors de là

mécréant, loqueteux, pas rasé depuis 1 mois

trempé et pouilleux

à moitié suicidé

puant la vinasse et l’absence de vie

et tu apparais

je ne sais comment

et tu me tends la main

tu me parles avec vigueur et entrain

et je pense à un moineau de feu

et tu m’offres

sans prévenir

ton plus beau sourire

et je me dis que tout l’amour

se tient là

dans ce sourire

et cette main posée sur la mienne

et que

malgré 25,000 litres de merde sur la gueule

je vois encore

des fleurs dans tes yeux

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